Si les enchères grimpent à Hong-Kong, le marché de l'art à New-York se porte très bien!
Eh oui ! En mai, il fait beau, et même très beau dans les salles des ventes aux enchères ! Les acquéreurs auraient-ils pris au sérieux l'adage "en avril ne te découvre pas d'un fil, en mai fais ce qu'il te plaît"? C'est du moins la question que l'on peut se poser au vu des résultats spectaculaires des ventes de ce mois.
Petit florilège…
Une aquarelle de Cézanne "Nature morte au melon vert", a été adjugée 25,5 millions de dollars le 8 mai par la prestigieuse maison de ventes américaine, Sotheby's. l'œuvre était estimée entre 14 et 18 millions. Il s'agit d'un record pour une œuvre sur papier de l'artiste, et l'identité de son acquéreur reste un mystère !

"Nature morte au melon vert", Paul Cézanne.
Les enchères se sont également envolées pour le "Jesuiten III" du peintre germano-américain Lyonel Feininger, adjugé pour 23,28 millions de dollars, alors qu'il était estimé entre 7 et 9 millions, et triple ainsi le précédent record de l'artiste.
Mais tous les artistes ne bénéficient pas du vent de folie qui fait s'envoler les enchères de la grosse pomme ! L' "Odalisque gris et jaune" de Matisse, vendue en-dessous de son estimation qui était comprise entre 15 et 20 millions de dollars, a fait grise mine. Et pourtant, elle faisait partie des formidables pièces qui sont parties pour plus d'un million de dollars. Question de mode ?
Chez Christie's aussi la fièvre des enchères monte !
Les records ?
Un bronze d'Alberto Giacometti, "L'homme qui chavire" a marché vers les 18,5 millions de dollars sans chavirer, pulvérisant ainsi le précédent record de l'œuvre de l'artiste suisse, de 14,3 millions.
"L'homme qui chavire", Giacometti"Le pot de géranium", nature morte de l'espagnol Juan Gris, pas si empoté, a conquis son nouveau propriétaire pour la modique somme de 18,5 millions de dollars, soit 10 millions de plus que le précédent record de l'artiste.
Une sculpture surréaliste de son compatriote Joan Miro, "Projet pour un monument" s'est projetée vers les 9,8 millions de dollars, alors que son estimation la plus haute ne dépassait pas les 5 millions.
La "Tête et main de femme" de Picasso a roulé vers les 18,5 millions, et sa "Tête d'Arlequin" pour 15,16 millions.
"Le grand cirque" de Chagall a s'est envolé vers le haut du chapiteau pour 13,76 millions, et la volute de fumée des "Usines" de Fernand Léger ont atteint les 14,3 millions.
Une pointure pointilliste du français Paul Signac, "Arrière du Tub" a atteint 11,6 millions de dollars, record doublé pour cet artiste aussi !
Pour résumer, chaque saison apporte de nouveaux records, et les enchères flambent.
Résultat? Mardi, Sotheby's avait réalisé un chiffre d'affaires de 278,548 millions de dollars, deuxième record (décidément!) en 263 ans. Chez Christie's aussi le miracle a opéré pour un produit estimé entre 180 et 240 millions de dollars. Oui, oui, vous avez bien entendu !
Alors, que se passe-t-il? Dès qu'une pièce réunit qualité, rareté, séduction, et provenance, c'est "no limit" ! Les mains se lèvent de tous côtés, ils la veulent tous… et à tout prix !
Donc, le marché impressionniste se porte bien, et même très bien. point d'inquiétude, les impressionnistes ne vont pas disparaître de si tôt des ventes d'art contemporain. Pissaro, Monet, Renoir et les autres ont toujours la quotte.
Les acheteurs ? Souvent russes ou chinois : au retour du capitalisme, les nouvelles fortunes s'achètent une respectabilité !
Et il semblerait que le marteau n'ait pas fini de nous réserver des surprises, après cette rebondissante première semaine d'enchères, dans le triangle d'or Londres – New-York – Pékin! De quoi faire taire un moment les oiseaux de mauvais augure qui annonçaient une crise du marché de l'art!