Les oeuvres s'envolent à l'Institut du monde arabe



A l'Institut du monde arabe, les collections semblent… élastiques ! Rien n'est à sa place ! Les œuvres disparaissent et d'autres apparaissent. Elles y sont aussi mobiles que les moucharabiehs !

Dominique Baudis, président de l'Institut de monde arabe (et successeur d'Yves Guéna), a annoncé le dépôt d'une plainte pour vol, après qu'un récent inventaire des réserves, ordonné dans le cadre d'un contrôle de la Cour des comptes, a révélé la disparition de 77 œuvres sur 850. Il s'agissait de 39 estampes et gravures d'art contemporain et de 39 œuvres d'art islamique : tissus, aquarelles, mosaïques et vases.

Mais l'inventaire a également révélé la présence de plus d'une centaine d'œuvres ne figurant pas sur les registres des collections de l'Institut, où elles étaient indûment entreposées depuis plusieurs années. Elles n'étaient donc pas assurées.
Son directeur a estimé que cette situation "révèle de graves manquements qui appellent d'urgentes et rigoureuses mesures de remise en ordre".

Le préjudice est en cours d'évaluation. On ne sait pas encore si ces mystérieuses disparitions n'ont touché que les collections du musée, ou d'autres département de l'Institut, comme la bibliothèque. Disparitions d'autant plus mystérieuses que la sécurité de l'Institut a été renforcée depuis le 11 septembre 2001. Mais un million de personnes visitent le site chaque année, et 170 personnes y travaillent ! Inutile de dire que cela fait beaucoup de suspects !

Dominique Baudis avait déjà déploré la situation de l'IMA lors de sa prise de fonctions. Il souhaite que l'enquête soit confiée à l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), compétent au niveau national.

Outre les acquisitions, les collections de l'IMA sont le résultat cumulé de dons et legs, ainsi que du prêt de collections particulières et institutionnelles, et notamment d'éléments importants du patrimoine des 21 Etats fondateurs. Cela suppose nécessairement une confiance absolue, que ces disparitions d'œuvres risque sérieusement de mettre à mal.

Malheureusement, ces disparitions ne se passent pas qu'à l'IMA : il semblerait que ce phénomène se produise régulièrement dans d'autres musées et dans un certain nombre de ministères… Il serait donc temps que nos conservateurs veillent un peu mieux aux collections dont ils ont la charge, avant que nos musées se vident !

Aucun commentaire: